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En charge du contrôle fiscal et de la comptabilité publique, la puissante DGFiP verse désormais des milliards d’euros de subventions publiques aux entreprises. Quand il est arrivé à son poste en mai 2019, le directeur général du fisc ne pensait pas qu’on le solliciterait bientôt pour débourser des milliards d’euros pendant des mois. Aujourd’hui, Jérôme Fournel le reconnaît volontiers : « Lorsqu’on m’a demandé si la Direction générale des finances publiques (DGFiP) pouvait gérer le fonds de solidarité en mars dernier, lors d’une réunion interministérielle, j’étais loin de m’imaginer que 19 milliards de crédits allaient être budgétés pour ce dispositif en 2020 et 7 milliards cette année. »
Mis sur pied en moins de 15 jours seulement pour faire face à la crise du coronavirus, ce fonds était initialement destiné à soutenir les toutes petites entreprises et professionnels touchés par le premier confinement. Depuis, il n’a cessé de s’élargir et vise désormais les sociétés de toutes tailles affectées par des fermetures administratives qui n’en finissent plus ou en grande difficulté et listées comme telles. C’est aujourd’hui le pilier de la gestion de crise.
Mis sur pied en moins de 15 jours seulement pour faire face à la crise du coronavirus, ce fonds était initialement destiné à soutenir les toutes petites entreprises et professionnels touchés par le premier confinement. Depuis, il n’a cessé de s’élargir et vise désormais les sociétés de toutes tailles affectées par des fermetures administratives qui n’en finissent plus ou en grande difficulté et listées comme telles. C’est aujourd’hui le pilier de la gestion de crise.
Et après 10 mois d’existence du dispositif, le directeur est d’une certaine manière rodé à ces changements constants pour coller à l’évolution de la situation sanitaire. Ce 14 janvier, après la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement annonçant le couvre-feu national à 18 heures et le renforcement du fonds, Jérôme Fournel devait enclencher, comme à l’habitude, une série de visioconférences avec notamment ses 150 directeurs pour mettre en action les directives.
C’est presque devenu un petit rituel pour ce quinquagénaire qui déteste quand rien ne se passe et garde en revanche son calme face aux situations stressantes. Sauf quand l’État est attaqué. « Ce qui me met en colère est le nombre de commentaires sur la faillite de l’État et son incapacité à gérer. La DGFiP participe à maintenir le pays face à cette crise sans précédent et elle n’est pas la seule à le faire » , lance l’ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin lorsqu’il était ministre du Budget. Confinement, couvre-feu, levée des restrictions, puis reconfinement... Ce rituel semble toutefois de plus en plus pesant. « Le premier confinement a été un peu compliqué mais nous avons géré la situation. La période a été plus difficile cet automne, avec le nouveau couvre-feu et le deuxième confinement. J’ai senti davantage de fatigue chez les agents , témoigne Jérôme Fournel, très fier de ses équipes. Depuis, la situation me fait un peu penser au film Un jour sans fin dans lequel un homme est bloqué dans une petite ville à cause d’une tempête et revit la même journée indéfiniment. »
Création d’une task force
C’est en tout cas une petite révolution pour la puissante DGFiP qui, en charge du contrôle fiscal et de la comptabilité publique, verse désormais des milliards d’euros de subventions publiques aux entreprises. Sur la base du volontariat et en un temps record, des agents ont ainsi changé de métier, abandonnant leur casquette de contrôleur pour oeuvrer, chaque jour, au bon fonctionnement de ce dispositif. Des agents qui sont de plus en plus sollicités alors que les effectifs sont fréquemment réduits, fustige-t-on du côté des syndicats.
« Ce n’est évidemment pas la même chose de distribuer de l’argent que de faire du contrôle fiscal » , souligne le patron de la Direction. Mais, « je n’ai aucun état d’âme. Aujourd’hui, et le ministre de l’Économie Bruno Le Maire l’a encore confirmé, il faut continuer à soutenir les entreprises en difficulté » tant que la crise est là.
D’ailleurs, avec une aide qui peut désormais atteindre 200 000 euros par mois depuis décembre et un soutien additionnel plafonné à 3 millions sur les 6 prochains mois pour les grandes entreprises, on est désormais très loin des 1 500 euros mensuels octroyés au début. Face à ce changement d’échelle significatif, une « task force » d’une cinquantaine d’agents vient juste d’être mise sur pied pour traiter spécifiquement les demandes d’aides dont les montants sont importants.
La direction de Bercy n’a toutefois pas été choisie au hasard pour gérer ce dispositif. « C’est une maison qui a la réputation fondée de contrôler et de réprimer les fraudes. Nous dépensons des milliards d’euros mais nous restons très vigilants » , avertit Jérôme Fournel.
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/le-fonds-de-solidarite-une-petite-revolution-pour-les-agents-du-fisc-20210115?fbclid=IwAR2v9kfKhSTDiFnqlt0pCACx0PuCHF6S56p1iKYlznSKmCCdPxsvMu_FIc0
Article publié le 16 janvier 2021.