vous êtes ici : accueil > ACTUALITES > National

Vos outils
  • Diminuer la taille du texte
  • Agmenter la taille du texte
  • Envoyer le lien à un ami
  • Imprimer le texte

Procès France Télécom : comment des techniques "d’apprentis-sorciers" ont mis les salariés en danger 19 Suicides et 12 Tentatives

Le procès de France Télécom, actuel Orange, s’ouvre, dix ans après la vague de suicides qu’a connue l’entreprise. Ce sont des dirigeants qui vont être jugés mais aussi une entreprise et une méthode que certains ont qualifiée de "management par la terreur" et que trois spécialistes analysent pour France Inter.

C’est un procès inédit tant par son ampleur que pour les faits qui se sont déroulés, chez France Telecom dans les années 2000. Dès le 6 mai, sept dirigeants et cadres de l’entreprise (désormais Orange) seront jugés, et ce jusqu’au 12 juillet, devant le tribunal correctionnel de Paris.

Didier Lombard, Louis-Pierre Wenes, ex-numéro 2, et Olivier Barberot, ex-responsable des ressources humaines, comparaîtront pour "harcèlement moral". Quatre autres cadres seront jugés pour "complicité" de ce délit. C’est d’ailleurs la première fois que la justice aura à trancher une affaire de harcèlement moral d’une telle importance, au sein d’une entreprise de cette taille.

19 suicides, 12 tentatives

L’enquête a examiné les cas de 39 salariés : 19 se sont suicidés, 12 ont tenté de le faire et huit ont subi un épisode de dépression ou un arrêt de travail. Outre ces 39 personnes ou leurs proches, une centaine d’autres se sont constitué partie civile. À l’époque engagé dans le délicat virage de la privatisation et des nouvelles technologies, le groupe voulait supprimer 22 000 postes entre 2006 et 2008 et procéder à 10 000 changements de métier.

En 2007, lors d’une réunion de cadres de l’entreprise, Didier Lombard, alors numéro 1 aurait expliqué : "Je ferai les départs par la porte et par la fenêtre", selon un document interne révélé par Le Parisien. Les méthodes managériales de l’époque vont donc être au cœur du procès qui s’ouvre lundi. Trois consultants que nous avons interrogés ont examiné de près les techniques : voilà ce qu’ils en retiennent.

"Ces incitations à changer, à bouger, voire à quitter la boîte étaient permanentes"

des méthodes de management qui consistent à insécuriser les salariés, leur expliquer qu’ils pouvaient partir tenter leur chance ailleurs : "Ils assumaient sans le dire une stratégie qui rendait les gens malades." https://www.franceinter.fr/economie/proces-france-telecom-comment-des-techniques-d-apprentis-sorciers-ont-mis-les-salaries-en-danger

Article publié le 7 mai 2019.


Politique de confidentialité. Site réalisé en interne et propulsé par SPIP.