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Les agents de la Fonction publique grands perdant de la réforme
Les fonctionnaires ne sont pas privilégiés, le montant moyen de leur retraite est le même que celui des salariés, à qualification égale. Rien ne justifie cette réforme démagogique à leur détriment.
Sur 4 points précis, les fonctionnaires ont tout à craindre de cette réforme :
1) Le calcul sur les 6 derniers mois est fondé sur la grille de carrière linéaire des fonctionnaires. L’intégration des primes ne compensera pas la sous-rémunération du début de carrière, parfois sous le SMIC en catégorie C.
2) Les catégories actives. Le gouvernement entend supprimer les 5 ans de départ anticipé aux agents qui ne portent pas l’uniforme, et dont le métier peut être exercé dans le privé : aides-soignantes, agents d’exploitation des travaux publics… Le compte personnel de prévention du privé, avec deux ans au maximum de départ anticipé, serait étendu à la Fonction publique, au nom du principe « travail égal, retraite égale ».
3) En totale contradiction avec ce principe, l’intégration des primes dans le calcul du montant de la retraite accroît les inégalités entre les fonctionnaires faisant le même travail, et entre les employeurs publics (collectivités locales, établissements publics, ministères). Elle n’est pas l’intégration dans le salaire indiciaire, car les employeurs pourront privilégier l’augmentation des primes à la place du point d’indice. C’est ce que fait le gouvernement aujourd’hui.
4) La pension de réversion des fonctionnaires est aujourd’hui sans condition d’âge et de plafond de ressources. La réforme veut introduire une condition d’âge et un plafond de ressources, qui va largement léser les veuves et veufs.
Ce système de retraite s’inscrit dans un projet de société construit sur le modèle libéral : il met en place un mécanisme purement gestionnaire et comptable de la retraite. Les points acquis pendant la vie professionnelle ne garantiront pas un niveau de pension suffisant.
La valeur du point au moment de la retraite sera tributaire de la conjoncture économique, de l’équilibre budgétaire, de l’espérance de vie par génération.
Cela peut changer et donc baisser chaque année
Alors que les retraités seront plus nombreux (de 16 millions aujourd’hui à 19 millions en 2030, et 22 millions en 2050), le gouvernement veut baisser progressivement la part des dépenses sociales dans le PIB, et les 14 % consacrés aux retraites. Dans ce cas il serait impossible que les retraites ne baissent pas.
Article publié le 22 juillet 2019.